07.02.2008
Internet proxénète !!
C'est le titre d'un article publié dans Libération qui prouve encore une fois que :
- les hommes ne cesseront jamais d'abuser physiquement des femmes sans le moindre remord
- que la société française ne donne toujours pas les moyens aux femmes d'être indépendantes financièrement (faire des études, salaire égale, accès aux postes à responsabilités...)au même titre ques les hommes et les poussent à utiliser des solutions extremes misérables
- qu'il faut mettre le paquet sur l'éducation des mères et des filles pour leur apprendre que la soumission des femmes n'a rien de naturel et reste un héritage culturel machiste
- qu'il faut trouver de la place dans les emplois du temps scolaires pour des cours "d'éducation sexuelle" (et oui ! c'est pas à la maison qu'on parle de ça) pour apprendre aux petits garçons et filles que les relations sexuelles sont des actes de "plaisir partagé" (Traduction pour les hommes qui découvre le terme: les femmes aussi ont droit au plaisir ! ) entre personnes consentantes ; et pour apprendre qu'il n'existe pas un lien de subordination naturelle entre les hommes et les femmes...etc
ET QUOI D'AUTRE SELON VOUS ? QUELLE EST LA SOLUTION ? QUE FAUT-IL FAIRE ?
VOICI L'ARTICLE EN QUESTION
Il a rappelé une heure avant pour s’assurer que nous serions bien au rendez-vous, a ouvert la porte de son appartement en souriant, a offert un verre au salon, puis s’est assis, le sourire toujours aux lèvres et les yeux vissés sur nous. Antoine (1), 47 ans, haut fonctionnaire, est bavard et disert sur la «colocation» qu’il propose. «Confort», «calme», «indépendance»… «C’est un quartier agréable. Et vous aurez votre chambre.» Mais ce dont Antoine aimerait surtout parler, c’est des contreparties qu’il attend de sa colocataire. «Se promener nue le plus souvent possible. Ecarter les jambes sur le canapé pour m’exciter. Pas de contrainte de fréquence pour les rapports sexuels, mais faudra pas se foutre de ma gueule non plus. Au début, je risque d’avoir envie souvent.» Voilà environ deux ans qu’Antoine recrute ainsi des colocataires, via une annonce sur le site Internet Missive, à laquelle nous avons répondu. Pas de loyer numéraire, on paye en nature. Pas de bail non plus, «tout est basé sur la confiance». Quant à la durée, «pas de limites». «Ça peut être en mois, en années. Les seules filles que j’ai virées sont celles qui ne respectaient pas leurs engagements.»
Antoine n’est pas le seul à pratiquer ce type d’échange - appartement contre sexe - à Paris. Dans un contexte de crise du logement, la formule semble s’être répandue. Sur Missive, la rubrique parisienne «A louer» recense de nombreuses offres d’hommes proposant des colocations ou studios indépendants «contre services sexuels».Mais également de femmes, troquant leurs charmes contre un toit. Ailleurs, sur Kijiji, Vivastreet ou dans le journal gratuit Paris Paname, on trouve aussi des annonces, plus masquées. Le mot sexe n’apparaît pas, ce sont les mentions «pour jeune femme», «contre services» et l’absence de montant pour le loyer qui servent d’indices.
Exigences. Antoine est lucide sur les motivations de ses colocataires. «Je sais bien que si vous aviez les moyens de vous loger autrement, vous ne viendriez pas chez moi.» Ce qui n’entraîne aucun scrupule quant à ses exigences, dont la liste s’allonge au fil de l’entretien. «Je veux pouvoir vous observer aux toilettes. J’aimerais que vous soyez là le soir quand je rentre. Ce serait bien si on pouvait dormir ensemble. Je veux du ménage et du repassage.» On quitte Antoine en pleine description des jeux «uro-scato» dans lesquels il nous imagine. Pour rejoindre notre deuxième rendez-vous.
Dans cette rue sombre proche de la gare Saint-Lazare, l’homme attend au bas de l’immeuble, silhouette courbée rasant les murs. L’adresse qu’il nous a donnée au téléphone n’est pas la bonne. Il nous entraîne un peu plus loin, dans une arrière-cour, puis dans un petit ascenseur sans lumière. Au sixième étage, on débouche dans une chambre d’à peine dix mètres carrés : un néon verdâtre, un vieux lit en mezzanine et une douche en plastique crasseuse. «Voilà, dit Amar. 650 euros, à négocier si arrangement.»
Enervement.La formule est la même que dans l’annonce postée sur Missive. On demande des précisions. «450 eurosplus deux week-ends de sexe par mois», répond-il. Amar habite en banlieue : les «week-ends de sexe» peuvent avoir lieu ici ou chez lui, dans les Yvelines. «Je peux faire un bail, mais il va falloir être très gentilles.» Amar a fermé la porte, et reste debout, appuyé contre la poignée. Son ton devient agressif : «C’est une bonne offre, les agences demandent 850 euros plus une caution pour ça.» «C’est pas une arnaque», répète-t-il de plus en plus énervé et menaçant. Nous demandons à visiter les toilettes sur le palier. Et prenons précipitamment congé.
De tous les hommes contactés, Laurent, 32 ans, est le seul à manifester une certaine timidité. Dans son studio propret du XVe arrondissement, il parle de tout, du temps qu’il fait, et surtout pas de l’annonce qu’il a passée. «J’ai connu Missive par leur rubrique de rencontres SM, se lance-t-il enfin. Je n’aurais jamais eu l’idée de proposer un hébergement contre du SM si je n’avais pas découvert là que ça se faisait.» Documentaliste, Laurent est un beau jeune homme svelte, les épaules carrées, le visage doux. «Ce que j’aime, confie-t-il,c’est être attaché. Servir à table en soubrette. Lécher des bottes en me prosternant.» Laurent propose de partager son modeste clic-clac en échange de quelques séances de ce type. «Je ne demande pas de relations sexuelles classiques. L’idée, c’est que ça reste cool. La fille a la clé, elle mène sa vie, mais juste, de temps en temps, elle me dit : "Fais ça." Ou moi, spontanément, je m’y mets, je lui sers de chaise, de repose-pieds.» Laurent a déjà eu deux expériences de colocation qui se sont «très bien passées». «Peut-être que les filles sont poussées à ça par leurs difficultés, admet-il. Mais, au final, chacun y trouve son compte.»
C’est aussi le credo de Julien, 30 ans, qui parle d’«échange de bons procédés». Agent de sécurité, il héberge régulièrement «des filles» dans son joli deux-pièces de l’Ouest parisien. «Ce sont souvent des escorts, qui viennent de province se faire un peu de fric à Paris. Je les reçois pour un mois ou deux, rarement plus, parce qu’après on se lasse.» Plutôt distant, Julien explique qu’il ne demande pas d’argent mais «du sexe classique» et «pas de prise de tête, parce qu’[il a] déjà eu des filles qui [lui] ont mis le bordel». Ses «colocataires» disposent du canapé-lit du salon, tandis qu’il dort dans sa chambre. Peu de temps après notre visite, il envoie un texto : «Désolé, ça va pas le faire.»
Didier, au contraire, est «très, très motivé», comme il le répète dans ses nombreux messages. Il nous propose un deux-pièces dans le XVIIIe contre «550 euros, plus deux trois rencontres par mois». Il habite ailleurs avec femme et enfants, mais peut se «débrouiller» pour nous rejoindre les week-ends. Malheureusement, l’appartement n’est «pas encore» visitable. «J’attends le départ des locataires», nous explique-t-il lorsque nous le rencontrons à la terrasse d’un café. En attendant, il propose de «commencer» déjà le sexe. «Pour voir si on se plaît».
Sur Missive, plusieurs messages d’internautes mettent en garde contre ces «tests» préalables. «Ça m’est arrivé trois fois, raconte Lætitia, 26 ans. Les types te font visiter, te demandent de coucher immédiatement. Et ensuite, plus de nouvelles. Parfois, c’est même pas leur appart qu’ils t’ont montré. Ils ont pris les clés d’un copain.» Il y a six mois, Lætitia a décidé de passer sa propre annonce «pour avoir le choix». Elle a depuis reçu quelques propositions «intéressantes». «Mais quoi qu’il arrive, prévient-elle, il faut rester méfiante.»
Pierre Allain, le webmaster de Missive, reprend le même appel à la «prudence», sans pour autant censurer «ce qui relève d’un échange entre adultes consentants». «Il y a là parfois des hommes qui profitent de la détresse de jeunes femmes. Nous mettons en garde nos internautes. Mais nous ne pouvons pas faire une enquête pour chaque annonce.» Missive est hébergé en Suisse, comme la plupart des sites francophones proposant les services de prostituées ou escorts. «La Suisse a une législation plus permissive que la France, reconnaît Pierre Allain. Reste que, même en France, un homme a le droit de proposer un logement contre des services sexuels.»
«Habileté». «Cela s’apparente à de la prostitution, ce qui n’est pas interdit, nous confirme une source policière. Seul le site Internet qui héberge les annonces peut être poursuivi pour proxénétisme s’il est en France. Mais ce genre de poursuites aboutit rarement.» Hors Missive, pourtant, la plupart des sites et journaux d’annonces concernés expliquent qu’ils font tout pour «supprimer» ces annonces. «On en voit apparaître dans la rubrique "Colocation", on les transfère immédiatement dans celle des rencontres érotiques», dit Virginie Pons, responsable de la communication chez Vivastreet. «Nous n’acceptons pas ces annonces chez nous», affirment quant à eux Benjamin Glaenzer, directeur général de Kijiji France, et Bernard Saulnier, le patron de Paris Paname. Tous deux notent cependant «l’habileté» des annonceurs pour déjouer leurs contrôles.
Stéphanie a 38 ans, elle est «escort occasionnelle». Contactée via le tchat de Missive, elle déconseille formellement le troc «appart contre sexe». «J’ai une amie qui a fait ça. Elle s’est retrouvée à la rue du jour au lendemain. Tu deviens dépendante d’un type qui risque de t’en demander toujours plus, en menaçant de te jeter si tu refuses. Sincèrement, il vaut mieux se prostituer pour payer son loyer : tu restes libre.» Sur le même tchat, puis par téléphone, on discute avec Tina, 35 ans, qui, elle, profite depuis quatre ans d’un logement contre «services sexuels» dont elle se dit ravie. «Il ne faut pas choisir un homme jeune, car il ne te gardera pas longtemps, il aura envie de changement, conseille-t-elle. Le mien, il a 62 ans. Je l’ai rencontré sur les Champs-Elysées. Il vit à Dubaï et vient en France de temps en temps. Sinon, je suis seule dans l’appart, 115 mètres carrés dans le XVIe arrondissement.»
«A la porte». Zara, 23 ans, étudiante, n’est pas aussi bien tombée. Elle accepte de nous rencontrer dans un café parisien, «pour parler de ces types qui profitent des filles paumées». Il y a trois ans, Zara a passé une annonce dans Paris Paname : «Jeune fille cherche logement contre services.» «Je pensais ménage, repassage, baby-sitting, dit-elle. J’ai eu des dizaines de réponses. Que des hommes. Qui voulaient tous du cul.» Originaire du sud de la France, Zara ne veut pas détailler les raisons qui l’ont poussée à quitter sa famille. «Je n’avais pas le choix.» Elle a fini par accepter une colocation avec un homme, puis une autre. «Deux fois, je me suis retrouvée à la porte, sans nulle part où aller, parce que je ne voulais pas faire ce qu’ils me demandaient. Ces mecs-là ont besoin de sentir qu’ils exercent un pouvoir sur toi. Ils t’en veulent de savoir que si tu n’étais pas dans la merde, tu ne les aurais jamais regardés.»
Aujourd’hui, Zara a un travail, un appartement. Heureuse et soulagée que ces mois de «galère» soient derrière. «Tandis qu’eux, ajoute-t-elle quand même amère, dans dix ans, ils en seront toujours au même point. A passer et repasser leur annonce pour trouver des filles.»
(1) Les prénoms ont été changés.
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11.01.2008
Jean Daniel montre nous tes fesses !
L'association Les chiennes de garde a organisé, vendredi 11 janvier, une manifestation devant le siège du Nouvel Observateur, après la publication, le 3 janvier d'une couverture représentant Simone de Beauvoir nue. Voici le texte du tract diffusé, à cette occasion, par l'association :LE NOUVEAU VOYEUR FRAPPE
Combien de fesses de philosophes avez-vous déjà vu ?
Nous, aucune, jusqu'à la couverture du Nouveau Voyeur de la semaine dernière.
Quel est le premier philosophe du XXe siècle dont le corps nu soit exposé à la vue de tous, chez les marchands de journaux ?
Que Jean Daniel, directeur de la publication, nous explique le rapport entre les fesses de Beauvoir et l’originalité de sa pensée ! S’il trouve cette femme si belle, que n’a-t-il choisi son visage, son regard ! Non, il a préféré exhiber une photo intime en prétendant rendre hommage à une philosophe éminente ayant analysé et dénoncé le machisme.
Nous, Chiennes de garde, en avons assez :
que les femmes soient ramenées à leur physique, leur corps traité comme un objet
que la nudité des femmes soit utilisée pour vendre n’importe quoi, exposée à tout propos et imposée à toutes et tous dans l’espace public.
16:20 Publié dans Dans les médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.01.2008
" Le PS s'est éloigné des femmes "
Dans un entretien publié par Le Point, Fadela Amara précise qu'elle ne votera pas pour Sarkozy en 2012 (ce qui n'est pas franchement un scoop !). Elle ajoute que "C'est le parti des bien planqués, qui pensent qu'habiter le XVIe, c'est habiter la France. Cette direction s'est éloignée des classes populaires, des ouvriers, des immigrés, des femmes". Oh, Fadela n'a pas la langue dans sa poche !! Mais que fait Fadela dans ce gouvernement ? On attend tous avec impatience son rapport "Plan banlieue" qu'elle doit remettre le 22 janvier à notre cher Président...Mais que se passe-t-il pendant ce temps chez Ni putes Ni soumises (clic) ? : hommage à Bénazir Bhutto, notamment pour son combat pour la laicité et la place qu'elle aurait donnée aux femmes ; indignation face à ce père qui tue sa fille car elle refusait de porter le voile ; protestation aux cotés de Marek Halter face à la venue de Kadhafi le jour de la célébration des Droits de l’Homme...
La lutta continua !!
15:00 Publié dans Des mots, des paroles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2007
Municipales 2008. Beninoises et Françaises, même type de combat !
Comme en France, les textes fondamentaux béninois donnent un égal accès aux hommes et aux femmes aux fonctions électives. Et comme en France, se sont les hommes qui se bousculent au portillon, bien plus que les femmes.
Municipales 2008 en France.Les listes doivent être composées selon une alternance stricte femmes-hommes (pour les communes de 3500 habitants et plus, selon la loi du 31 janvier 2007). De mémoire, lors des dernières législatives les partis politiques s’étaient contentés de verser les pénalités financières (l’UMP en tête avec 4,2 millions d’euros), exceptées les petites formations qui ont besoin de la dotation publique pour vivre.
En France, il est même parfois difficile de boucler sa liste quand les candidatures féminines manquent ! A en croire les appels lancés texto sur les blogs de certains candidats aux municipales, les femmes ne se bousculent pas toujours pour rejoindre la politique.
Par exemple, dans un message adressée sur leur blog aux Malakofiottes (entendez habitantes de Malakoff – Haut de Seine !!), les démocrates du MoDem se posent de nombreuses questions : « La parité totale appliquée pour la première fois aux élections de 2001 ne serait-elle pas encore connues des principales intéressées ? N'oseraient-elles pas se mettre en avant, et demander de figurer sur une liste en bonne place ? Le rapport au politique serait-il considéré comme trop machiste ? Manquent-elles de temps pour le faire ? Craignent-elles de ne pouvoir remplir des engagements - qu'elles imaginent très importants, sans doute encore plus que dans la réalité -, une fois élues ? »
Au Benin, plusieurs réponses, que je partage, sont avancées : « Les raisons sont à chercher en la femme elle-même et pas ailleurs. A l'en croire, le droit ne s'accorde pas. Il s'arrache » […] « Et pour ce faire, les femmes devraient davantage se battre pour se positionner et se faire élire comme les hommes » […] « la femme a, depuis très longtemps été habitué à une société de conservateurs, ou plutôt une société hypocritement conservatrice. […] la femme est comme un sel de vie, c'est-à-dire la pièce maîtresse qui fait tourner tout système. Mais chose aussi curieuse que paradoxale, elle joue son rôle dans l'ombre, sans trop se faire connaître. » […] « du fait que la femme a toujours été oppressée par une société trop conservatrice »[…] « elle doit se battre davantage pour s'affirmer aussi bien publiquement que politiquement ». […] « il nous faut d'abord formater les disques durs que nous avons actuellement dans la tête, c'est-à-dire changer de mentalité. » […] « il y a une réelle volonté de changement au niveau de la femme. […] Mais il y a trop de pesanteurs socioculturelles qui ne permettent pas aux femmes de jouer pleinement leurs rôles".
Si, bien entendu, la condition des femmes en France n’est pas comparable à celle du Bénin, l’accès des femmes aux fonctions électives restent conditionné dans les deux cas à :
- une réelle volonté des hommes (et femmes !) politiques en place à intégrer les femmes dans le système politique (de la place des militantes dans les partis politiques jusqu'au mandat)
- accompagner les femmes vers une prise de conscience de leurs capacités et de leur statut égal à celui de l’homme
Sur All Africa :Les femmes béninoises ont entamé une campagne médiatique grandeur nature en faveur de leur cause.
Sur Fraternité Info : Une vingtaine de femmes du département du Plateau ont été formées dans la perspective des élections municipales de 2008.
17:30 Publié dans Femmes et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, femmes, municipales, benin, malakoff
NOUVEAU DEPART !!
Suite a de nombreux encouragements,
le blog se refait une beauté !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous !
14:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2007
La Blonde répond au Toréro
Je vous invite à vous rendre sur le blog de Toréador dont j’apprécie la finesse d’esprit et la réflexion, bien que n’étant pas toujours d’accord avec lui !
J’en profite pour répondre ici à son dernier post, un cri du cœur, un coup de dent au désir de changement systématique de nos politiques.
La société change, les mentalités aussi, et il faut effectivement accompagner ceux qui en souffrent ou en sont exclus. C’est en installant tous les citoyens sur un pied d’égalité que l’on réglera les problèmes de la société française. Et, malheureusement, cela prend du temps, un temps qui ne se calcule pas en mandat. Bien au contraire, la France à besoin d’un gouvernement stable qui perdure. Un Gouvernement aux couleurs politiques hétéroclites qui sache dès le départ faire preuve de consensus en son sein. Les politiques, quand ils en trouvent, nous fabriquent des « solutions » rapides, aux effets visibles et immédiats qui serviront leur mandature et donc leur famille. Mais la cause profonde, le mal originel, ne sont jamais traités ! Notre société n’a pas besoin de changement mais d’équilibre, pour que la balance cesse de pencher toujours du même coté, pour que l’on ne soit plus un jour dominant, un jour dominé. Rééquilibrer est une opération plus délicate, subtile et périlleuse que celle qui consiste à changer. Elle est aussi plus discrète et donc moins prestigieuse. Et voilà ce que je reproche à tous ces jeunes loups qui « font de la politique » pour « changer la France » : une incontrolable envie de briller, d’être devant grâce à « l’idée nouvelle » et « au changement ». Il est aisé de raser pour reconstruire rapidement par-dessus mais on connaît l’état de ces structures neuves qui s’effritent, s’assombrissent et finissent tels des caches misères ! Les beaux édifices, ceux qui ont traversé les siècles pour parvenir jusqu’à nous, sont ceux dont les pierres ont été posées une à une, lentement mais sûrement. Se sont ces Cathédrales dont les fondations ont été pensées et les hauteurs étudiées, se sont ces ponts dont le materiau a été analysé. Pour construire, il faut s'interesser à l'environnement direct et immédiat, à la composition du sol, à la vitesse des vents.
Pour reconstruire la France, il faut procéder de même...
11:50 Publié dans Des mots, des paroles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.01.2007
Un témoignage parmi des milliers. Qu'en pensez-vous ?
L’ une de mes amies m’a confié le comportement quotidien et systématique de son collègue de travail à son égard. Elle partage un bureau avec lui, ils sont assis face à face. Elle a la trentaine, lui la cinquantaine.
Pendant la conversation, je lui ai demandé si je pouvais prendre en notes ce qu’elle me racontait afin de les reporter sur mon blog ; elle a accepté à condition que je ne révèle, ni son lieu de travail, ni son métier et sa fonction, ni le prénom de la personne en question. Extraits:
Son collègue :« Est-ce que ton mec te trouve sexy quand tu mets ces bottes ? »
« Une femme avec des talons ça me fait fantasmer ! »
« Comment son mari peut bander pour elle ! », en parlant d’une autre collègue qu’il juge « grosse »
« Sharon Stone pourrait s’asseoir sur moi, là comme ça », en s’étalant sur la chaise
« Moi, je peux bander que pour des jeunes femmes ! »
« Je peux pas bander pour les tailles au-dessus de 40 ! »
Elle :
« Au début il a joué les protecteurs avec moi …»
« Il se croit tout permis avec moi parce que je suis jeune… »
« Il me parle toujours de bander ou mouiller …»
« Il nous analyse en 34 ou 36, en baisable ou pas baisable …»
« Il passe son temps à imaginer et se projeter dans la vie sexuelle des autres… »
« J’ose plus me mettre en jupe sinon il me mate comme un gros porc… »
« Le + dérangeant c’est de sentir son désir constant… »
« Il me dit qu’avec moi il pourrait… »
« Un jour je vais péter un plomb »
Et, quelques temps plus tard, elle me dit qu’elle avait trouvé un autre « bureau, dont personne ne veut, tout pourri, mais au moins je suis plus avec lui, c’est pas le top pour travailler mais bon… »
Le collègue de mon amie c’est déjà fait virer de 3 lieux de travail à cause de son comportement avec les femmes.
Que pensez-vous de la situation ? Qu’est-ce qui vous paraît choquant ? normal ? Quels conseils lui donneriez-vous ? Pensez-vous qu’il s’agit de harcelement sexuel ? moral ? Mon avis sur la question, je vous le donnerai plus tard, c’est promis !
16:15 Publié dans Des mots, des paroles | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
06.12.2006
La tentation de la Parité
Je sais c’est un peu long mais ça vaut le coup d’aller au bout de la réflexion ! Bonne lecture et vives les commentaires !
Il y a eu d’abord la LOI no 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives (tout ça pour éviter d’employer le mot parité, qui d’ailleurs ne figure pas une seule fois dans loi !). Aujourd’hui constat est fait que les partis ont préféré payer les pénalités plutot que d’appliquer cette loi. Alors on fait une autre loi !
Il y a tant de choses à dire sur la parité que je ne sais pas par où commencer. Je ne vais pas revenir sur ce que j’estime être un échec de la loi de 2000 : seulement 12% de femmes à l’Assemblée, peu de fonctions executives pour les femmes…Je ne vais pas non plus épiloguer sur l’intérêt d’une nouvelle loi qui tente d’instaurer à l’échelon local ce qui n’a pas marché au niveau national, ni sur la nécessité d’un scrutin à la proportionnel pour faciliter l’accès des femmes comme des jeunes aux fonctions électives…ni sur la place des femmes au sein des structures politiques…tout ça a déjà été dit mille fois.
Ce qui m'interesse, ce sont les conséquences de la parité pour les femmes et les vraies questions que cela soulève. Car il ya de vraies interrogations à coté desquelles on passe souvent puisqu'on limite souvent le débat à la question du "mérite pour arriver en politique"
Ainsi, se sont souvent les femmes les premières à voir en la parité une mesure humiliante pour elles qui veulent arriver grâce à leur mérite et à qui l’on propose des postes « réservés », dévalorisant parce que dévalorisés à la base. A cela je répond par l’interrogation suivante: Les hommes arrivent-ils grâce au mérite ? Pas si sûr. Pour côtoyer de près le milieu politique, je peux dire que les jeux de réseaux et la communication sont devenus les premiers facteurs de promotion en politique. Aussi, ne faut-il pas donner accès aux femmes à ce milieu pour leur donner la possibilité de créer et entretenir leur propre réseau ? Le problème n’est-il pas celui de l’égalité face un système plutôt que celui de la reconnaissance de l’égalité en termes de compétences ? Le débat autour de la question « du mérite » est clos. Passons aux choses sérieuses ;-)Certains disent souvent, « en toute objectivité », qu’il sera difficile de trouver autant de femmes compétentes que le demande la loi sur la parité ! C’est se risquer, paraît-il, à faire de la politique de mauvaise qualité ! (rien que de l’écrire ça me fait mal au ventre ! N’est-ce pas déjà un signe de sexisme que de croire que l’on ne peut pas trouver 50 % de femmes aussi compétentes que les hommes ?
Après, il y ceux qui résonnent selon la logique communautariste et s’inquiètent des quotas de femmes qui, ouvrent soit disant la porte aux revendications des autres communautés de citoyens : après les femmes, il faudrait alors établir des quotas pour les handicapés, pour « les blacks ».etc…blabla !* Ces personnes oublient l’un des grands principes de la république : l’universalisme de la représentation ! La démocratie veut qu’un(e) élu(e) représente tous les citoyens : les blacks, les blancs, les beurs, les hommes tout comme les femmes, les riches et les pauvres…
Et, c’est cette notion d’universalisme de la représentation, valeur de la république et de la démocratie, qu’il faut rappeler à tous : aux hommes et aux femmes, à ceux qui votent et à ceux qui veulent se faire élire !Cumuler des lois ne sert à rien !
Une assemblée paritaire ne sert à rien non plus tant que ceux qui la composent estiment ne représenter qu’une partie de la population. Ceux-là, hommes comme femmes, instaurent deux catégories de citoyens qui ne se différencient que par un élément biologique : le sexe. Plus j’y réfléchis, plus j’en arrive à la conclusion que la parité, dans le contexte actuel ou le simple fait d’être femme est considéré comme une infériorité et/ou un critère de détermination des rôles sociaux, et plus je me dis que la parité va à l’encontre de ce à quoi j’aspire : L’indifférenciation des rôles, donc des métiers.On est bien loin du débat sur « le mérite » !
Les mentalités ne me semblent pas pretes. La parité fera plus de tord que de bien aux femmes. Commençons par travailler pour un changement des mentalités. Soyons patient(e)s et attendons que les femmes arrivent spontanément en politique. La parité est une solution rapide mais lourdes de conséquences.* Je me permets de rappeler que les femmes ne sont pas « une minorité » et que, par exemple, des chercheurs se penchent sur la question des femmes dans telle minorité ethnique, des femmes dans telle minorité culturelle. Je veux dire par-là que l’on peut être femme, avec telle couleur de peau, parler une langue rare et appartenir à une communauté définie. Il existe des hommes et des femmes dans toutes les minorités.
15:15 Publié dans Femmes et politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : parité
17.11.2006
Le féminisme islamique : le courage !
Wahou ! Elles sont musulmanes et….féministes ! Ces femmes membres de divers collectifs, d’Iran, du Pakistan, du Sénégal et d’Indonésie, se sont réunies en congrès à Barcelone au début du mois. Elles revendiquent notamment la libre disposition de leur corps et elles ont raison ! La Charia et les codes locaux, dont les garants de la stricte application sont (bien entendu) des hommes, font de leur quotidien un véritable enfer. Violence, mariage forcé et polygamie restent profondément inscrits dans les textes. C’est bien là le combat de ces femmes : imposer une lecture non sexiste des textes du Coran.
En me penchant sur la question, je ne peux m'empecher de penser aux feministes de mon entourage, qui ont totalement exclu la religion de leur vie, y compris celles qui ont reçu une éducation religieuse. A contrario, ces musulmanes qui menent aussi un combat servant la cause des femmes, le font pour leur religion et pour les valeurs défendues par l'islam. Elles sont avant tout croyantes. Elles appartiennent avant tout à une communauté et à une culture dont elles ne peuvent se détacher car l'Islam a su développer depuis des milleniares un sentiment d'appartenance et une identité forte. Pour ses femmes, il est peut-être plus facile de tenter une autre lecture des textes fondamentaux que de se détacher et boycotter leur religion.
Le feminisme musulman est une notion qui vient bousculer celle du Feminisme avec un grand "F" comme j'ai l'habitude de l'entendre et comme on l'emploie souvent. Il nous pousse à sortir d'une approche ethnocentriste du feminisme. Alors, ne faudrait-il pas plutôt envisager "des" feminismes dont celui qui nait de la religion ? Une complicité entre les religions, entre les croyants et les non-croyants et qui sert la cause des femmes ne peut pas être mal considéré. Que celles qui ont fait le choix de la spiritualité, d’une plus ou moins grande dévotion, puissent s’épanouir au sein de la religion au même titre que les hommes et de façon égale. Néanmoins, nous ne pouvons que comdamner la violence envers les femmes qu'autorise voire préconise les textes religieux.
(Au sujet de la Polygamie évoquée au dessus, le Tunis Hebdo de cette semaine publie un article qui pourrait presque faire sourire tellement la situation peut nous paraître irréelle : « Malam Shehu, un Nigeria de 68 ans, a décidé de se ranger une bonne fois pour toute après avoir tout de même dit "oui"... 201 fois en 48 ans. » Ce pauvre homme, épuisé par une lourde succession de mariages a décidé de s’en tenir à ce que le Coran préconise : 4 femmes ça suffit !)
00:35 Publié dans Et Dieu créa la femme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.11.2006
Nous ne sommes pas des beef-steack !
« Si vous placez de la viande dans la rue sans la protéger et que les chats viennent la manger, qui doit-on blâmer ? Les chats ou la viande ? Le problème c'est la viande. Si la femme était restée chez elle, dans sa chambre, sous son hijab, il n'y aurait pas eu de problème »
Parole de Sheik Taj Aldin al Hilali, mufti de la plus importante mosquée de Sydney depuis 1989 et leader reconnu de la communauté musulmane en Australie et en Nouvelle-Zélande.
17:30 Publié dans Des mots, des paroles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
