03.01.2007
Un témoignage parmi des milliers. Qu'en pensez-vous ?
L’ une de mes amies m’a confié le comportement quotidien et systématique de son collègue de travail à son égard. Elle partage un bureau avec lui, ils sont assis face à face. Elle a la trentaine, lui la cinquantaine.
Pendant la conversation, je lui ai demandé si je pouvais prendre en notes ce qu’elle me racontait afin de les reporter sur mon blog ; elle a accepté à condition que je ne révèle, ni son lieu de travail, ni son métier et sa fonction, ni le prénom de la personne en question. Extraits:
Son collègue :« Est-ce que ton mec te trouve sexy quand tu mets ces bottes ? »
« Une femme avec des talons ça me fait fantasmer ! »
« Comment son mari peut bander pour elle ! », en parlant d’une autre collègue qu’il juge « grosse »
« Sharon Stone pourrait s’asseoir sur moi, là comme ça », en s’étalant sur la chaise
« Moi, je peux bander que pour des jeunes femmes ! »
« Je peux pas bander pour les tailles au-dessus de 40 ! »
Elle :
« Au début il a joué les protecteurs avec moi …»
« Il se croit tout permis avec moi parce que je suis jeune… »
« Il me parle toujours de bander ou mouiller …»
« Il nous analyse en 34 ou 36, en baisable ou pas baisable …»
« Il passe son temps à imaginer et se projeter dans la vie sexuelle des autres… »
« J’ose plus me mettre en jupe sinon il me mate comme un gros porc… »
« Le + dérangeant c’est de sentir son désir constant… »
« Il me dit qu’avec moi il pourrait… »
« Un jour je vais péter un plomb »
Et, quelques temps plus tard, elle me dit qu’elle avait trouvé un autre « bureau, dont personne ne veut, tout pourri, mais au moins je suis plus avec lui, c’est pas le top pour travailler mais bon… »
Le collègue de mon amie c’est déjà fait virer de 3 lieux de travail à cause de son comportement avec les femmes.
Que pensez-vous de la situation ? Qu’est-ce qui vous paraît choquant ? normal ? Quels conseils lui donneriez-vous ? Pensez-vous qu’il s’agit de harcelement sexuel ? moral ? Mon avis sur la question, je vous le donnerai plus tard, c’est promis !
16:15 Publié dans Des mots, des paroles | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note

Commentaires
Edifiant Anne !
Le harcelement sexuel implique une subordination hiérarchique. Je ne sais pas si c'est le cas en l'occurence.
En tout cas, il est loin le temps où, quand j'étais amoureux d'une fille je lui ecrivais un sonnet par jour....
Ecrit par : Laurent | 03.01.2007
Cher Laurent, je tiens à te préciser que La loi dite de "modernisation sociale" (Loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002, Journal Officiel du 18 janvier 2002) a élargi la définition du harcelement sexuel : il peut être le fait de collègues de travail et même de subordonnés.
A bientot,
Anne
Ecrit par : Blonde à part ! | 04.01.2007
Bonjour,
Je crois avoir déjà entendu ces phrases...
Il ne s'agit pas d'Emmanuel car les propos sont beaucoup trop soft, mais ce pourrait bien être un salarié d'un parti politique !...
Mrs X
Ecrit par : X | 04.01.2007
c'est un frustré c'est tout.
Comme il est mauvais au lit, il faut qu'il parle...
Cela ne mérite pas d'aller plus loin juridiquement tant qu'elle n'aura pas essayé tout simplement de le rembarrer.... Ou au moins de lui dire qu'elle en marre de l'entendre parler comme ça. Qu'elle "pète les plombs" comme elle dit. Mais contre lui!!!!
S'il continue, là elle peut peut-être aller plus loin.
J'avoue que je ne suis pas révoltée car les mots sont souvent synonymes du sentiment d'infériorité de certaines personnes.
Ecrit par : Virginie | 04.01.2007
Entièrement d'accord avec Virginie. Ce type est un frustré, qui dégage de la négativité en permanence, se croyant interessant et si fin !!! Ton amie devrait le remettre à sa place gentiment mais fermement ! Elle ne doit pas être la seule à vivre cette attitude grossière et déplacée !
C'est tout simplement un pauvre type.
J'en profite pour te féliciter pour ton blog !!
A bientôt
Christelle C.
Ecrit par : Christelle | 04.01.2007
Elle a à la loi de son côté, elle DOIT porter plainte. Est-ce que parce qu'il est plus âgé il doit se permettre ce genre de comportement inqualifiable?
Ce n'est pas à elle de se rabaisser en occupant un bureau pourri, mais bien à lui de comprendre que tout n'est pas permis.
Jeannicka
Ecrit par : jeannicka | 04.01.2007
Anne,
pour avoir vécu le problème, je peux te dire que je comprends ton amie. La 1ère chose est de ne pas culpabiliser et c'est dur !! Mais j'ai retenu une chose en tous les cas : faire le contraire de ce qu'il attend (se sentir mal à l'aise, inférieure et rabaissée et se dire qu'on a provoqué) et au contraire lui montrer que son avis ne l'intéresse pas.Donc ton amie ne doit pas se refuser de mettre des bottes, des talons aiguilles, des jupes et des décolletés !! Ce n'est pas en mettant un col roulé et un pantalon qu'elle va se sentir mieux, bien au contraire!! Etre une femme ne signifie pas être bonne soeur que je sache (bien que je n'ai rien contre ces dames). Il faut qu'elle lui prouve qui est le 2e sexe !! Je ne suis pas de l'avis de Virginie, ce genre de propos me choque et me révolte. Même s'il est frustré, cela n'excuse en rien son attitude.
On est au XXIe siècle et le simple fait de lire encore ces lignes montre qu'on a toujours pas évolué. Stendhal disait "l'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain".On en est très loin je crois. Et la société ne fait rien non plus pour arranger les choses mais ça c'est un autre sujet.
Est-ce que l'on prend les hommes pour des objets ?? Non. Ou alors il faudrait peut-être remarque, histoire de le remettre à sa place.
Il faut combattre au quotidien ce genre de problème et justement ne pas laisser couler comme si de rien n'était ou dire que l'on ne peut rien faire au niveau juridique. Ca veut dire quoi d'ailleurs? Ca veut dire que l'on peut exercer des pressions sur vous tant morales que sexuelles sans que personne ne bouge? Je ne suis pas d'accord, c'est aussi à ses collègues de faire quelque chose, à sa hiérarchie également. Si en plus il s'est fait viré 3e fois pour ça, ça frise le délire.
Bon courage à toi et à ton amie.
Je t'embrasse.
Elo.
Ecrit par : Elodie | 04.01.2007
Oui ce type est un énorme frustré dont la vie sentimentale est en echec.
Oui je l'ai remis en place et oui vos temoignages me donnent envie le remettre encore et encore en place.
Reste que le mépris dont je lui temoigne depuis quelques semaines, mes silences sont pour le moment la meilleure réponse à ses remarques...
Ma hiérarchie est indirectement au courant...
Un peu d'humour pour finir: sharon ne voudrait même pour un regain de notoriété s'asseoir sur lui....
Pour finir, un grand merci à Anne pour avoir été la première à écouter mon histoire et surtout de l'avoir si bien écrit ...belle plume Melle...
Ecrit par : mathlide | 04.01.2007
Faiblesse !
Ce type est tout simplement minable. Il doit avoir tellement peu confiance en lui qu'il s'invente un personnage. BEURK !!!!
Je pense que ton amie a bien fait de changer de bureau dans un premier temps.
MAIS ce n'est pas à elle de pâtir de cette situation, surtout si la réputation de l'individu en question est déjà faite...
J'espère qu'elle est allé voir sa direction en exposant le problème et en expliquant qu'elle s'organisait temporairement pour calmer une situation critique.
C'est à sa direction de gérer la situation, pas à elle...
Ecrit par : Sophie | 04.01.2007
Il y a d'une part la loi: elle réprime le comportement.
De l'autre ce qui est: elle est prise par "le" législateur et mise en exercice ou en oeuvre par "le" juge.
Elle est votée par une majorité de personnes qui ont malheureusement, en raison de leur âge, de leur "background" ou tout simplement de leur stupidité, des réflexes d'un autre temps. Il n y a pour cela, qu'à regarder; écouter certains commentaires, parfois, sur les bancs de notre représentation nationale!!! Du célèbre "t'as mis un string?" adressé à Cresson au " qui va garder les Enfants?" à Mme Royal, il est dommage de constater que les choses n'ont guère évolué sous notre politique latitude.
La solution? à mon humble avis elle n'est pas dans la loi. Elle ne serait pas dans une criminalisation d'un comportement déjà délictuel.
Elle n'est pas non plus dans une illusoire parité imposée qui de toutes les façons ne changera pas le poncif: ceux qui détiennent le pouvoir ne le partagent pas de leur gré. La femme en politique n'est pas simplement une menace, elle est un afront au genre: l'alliage entre virilisme débile et "conquête du pouvoir" est encore une triste réalité.
Elle est dans le combat politique: dans la récupération et la restitution du vrai sens de deux termes: la vigueur et la vertu. Je rappellerai ici les vertus cardinales, qui sont et seront les armes de la femme harcelée d'aujourd'hui et de demain:
- La prudence, qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ;
-La tempérance, qui assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens ;
-La force, c'est-à-dire le courage, qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale ;
-La justice, qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à chacun ce qui lui est dû.
La manifestation et l'exercice de celles-ci appartiennent autant aux femmes qu'aux hommes et sont, selon moi le seul moyen de rétablir "l'équilibre".
Rappelons nous enfin, également, que le sens étymologique de sexe est "coupé" de "secare" et non "sexus".
Ecrit par : Saint-Georges | 04.01.2007
Coup de boule. Si pas en action, au moins en parole. Désolé, Saint-Georges, mais je suis un sanguin qui ne maîtrise pas toujours ses ires.
Je connais une blonde, jolie comme un coeur. Ma première préoccupation, quand je la vois, ce n'est pas son cul, qu'elle a bien beau, ma foi, c'est son visage triste auquel j'aimerais bien redonner parfois un sourire. Je ne devrais pas écrire de pareilles choses, car il se peut qu'elle visite ce site. Mais tant pis. Je le pense.
On devrait toujours regarder les gens dans les yeux. Ca éviterait le jugement facile.
Ecrit par : Column | 06.01.2007
Coup de boule, belles phrases...oui, ça appelle à réagir !
Eh oui, c'est encore à nous de faire des efforts, ceux de la tempérance, de la prudence, du courage, oui, et pendant ce temps d'autres ne se remettrons jamais en question. Injuste, mais c'est en tenant bon, au quotidien, en montrant de quoi on est capable, en fixant nos propres limites qu'on se fera respecter, et que nos filles, surtout, le seront un peu plus que nous-mêmes. Notre ténacité et pugnacité seront les meilleures armes.
Un type comme ça doit être, encore une fois, remis à sa place. Mais ce n'est pas forcément à toi de prendre ce risque, c'est à ta hiérarchie et à la structure à laquelle tu rends un service de t'assurer un bon environnement de travail, et les bon outils pour effectuer tes tâches quotidiennes. C'est eux qui sont en charge du recrutement, pas toi. Et là, visiblement, ils ont fait une erreur.
Courage à toutes, merci et bravo Anne pour ce blog !
Anaïs
Ecrit par : Anaïs | 07.01.2007
Pour moi le harcèlement n'est constitué que s'il est poursuivi après que l'intéressé(e) ait fait clairement savoir à son harceleur que ses propos l'indisposent avec mise en garde sur d'éventuelles poursuites.
Dans le cas où ça s'arrete on met ça sur un écart passager mais si le harcèlement continue alors plainte écrite à la hierarchie et tout le touin touin et plus si affinités !
Ecrit par : Farid Taha | 02.04.2007
Pour moi ce type ne fait pas du harcèlement sexuel, c'est juste un gros frustré qui doit avoir une certaine haine des femmes et qui s'efforce de choquer sa collègue par pur mépris.
Si possible, ton amie devrait A/ le prendre à son propre jeu en lui balançant en réponse des vannes humiliantes et sans ambiguïté; B/ si cela ne suffit pas, faire part de la situation à la hiérarchie pour un changement de bureau. Quitte à menacer la direction de porter plainte si elle ne fait rien.
La mutation du frustré dans le petit bureau pourri serait la solution la plus soft.
La direction est la réelle coupable du fait de son impuissance (décidément on reste dans le thème!) à régler un problème qui se répète. Les règlements intérieurs des entreprises prévoient toute une liste de sanctions possibles.
Ecrit par : Patreides | 16.05.2007
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