27.12.2007
Municipales 2008. Beninoises et Françaises, même type de combat !
Comme en France, les textes fondamentaux béninois donnent un égal accès aux hommes et aux femmes aux fonctions électives. Et comme en France, se sont les hommes qui se bousculent au portillon, bien plus que les femmes.
Municipales 2008 en France.Les listes doivent être composées selon une alternance stricte femmes-hommes (pour les communes de 3500 habitants et plus, selon la loi du 31 janvier 2007). De mémoire, lors des dernières législatives les partis politiques s’étaient contentés de verser les pénalités financières (l’UMP en tête avec 4,2 millions d’euros), exceptées les petites formations qui ont besoin de la dotation publique pour vivre.
En France, il est même parfois difficile de boucler sa liste quand les candidatures féminines manquent ! A en croire les appels lancés texto sur les blogs de certains candidats aux municipales, les femmes ne se bousculent pas toujours pour rejoindre la politique.
Par exemple, dans un message adressée sur leur blog aux Malakofiottes (entendez habitantes de Malakoff – Haut de Seine !!), les démocrates du MoDem se posent de nombreuses questions : « La parité totale appliquée pour la première fois aux élections de 2001 ne serait-elle pas encore connues des principales intéressées ? N'oseraient-elles pas se mettre en avant, et demander de figurer sur une liste en bonne place ? Le rapport au politique serait-il considéré comme trop machiste ? Manquent-elles de temps pour le faire ? Craignent-elles de ne pouvoir remplir des engagements - qu'elles imaginent très importants, sans doute encore plus que dans la réalité -, une fois élues ? »
Au Benin, plusieurs réponses, que je partage, sont avancées : « Les raisons sont à chercher en la femme elle-même et pas ailleurs. A l'en croire, le droit ne s'accorde pas. Il s'arrache » […] « Et pour ce faire, les femmes devraient davantage se battre pour se positionner et se faire élire comme les hommes » […] « la femme a, depuis très longtemps été habitué à une société de conservateurs, ou plutôt une société hypocritement conservatrice. […] la femme est comme un sel de vie, c'est-à-dire la pièce maîtresse qui fait tourner tout système. Mais chose aussi curieuse que paradoxale, elle joue son rôle dans l'ombre, sans trop se faire connaître. » […] « du fait que la femme a toujours été oppressée par une société trop conservatrice »[…] « elle doit se battre davantage pour s'affirmer aussi bien publiquement que politiquement ». […] « il nous faut d'abord formater les disques durs que nous avons actuellement dans la tête, c'est-à-dire changer de mentalité. » […] « il y a une réelle volonté de changement au niveau de la femme. […] Mais il y a trop de pesanteurs socioculturelles qui ne permettent pas aux femmes de jouer pleinement leurs rôles".
Si, bien entendu, la condition des femmes en France n’est pas comparable à celle du Bénin, l’accès des femmes aux fonctions électives restent conditionné dans les deux cas à :
- une réelle volonté des hommes (et femmes !) politiques en place à intégrer les femmes dans le système politique (de la place des militantes dans les partis politiques jusqu'au mandat)
- accompagner les femmes vers une prise de conscience de leurs capacités et de leur statut égal à celui de l’homme
Sur All Africa :Les femmes béninoises ont entamé une campagne médiatique grandeur nature en faveur de leur cause.
Sur Fraternité Info : Une vingtaine de femmes du département du Plateau ont été formées dans la perspective des élections municipales de 2008.
17:30 Publié dans Femmes et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, femmes, municipales, benin, malakoff
06.12.2006
La tentation de la Parité
Je sais c’est un peu long mais ça vaut le coup d’aller au bout de la réflexion ! Bonne lecture et vives les commentaires !
Il y a eu d’abord la LOI no 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives (tout ça pour éviter d’employer le mot parité, qui d’ailleurs ne figure pas une seule fois dans loi !). Aujourd’hui constat est fait que les partis ont préféré payer les pénalités plutot que d’appliquer cette loi. Alors on fait une autre loi !
Il y a tant de choses à dire sur la parité que je ne sais pas par où commencer. Je ne vais pas revenir sur ce que j’estime être un échec de la loi de 2000 : seulement 12% de femmes à l’Assemblée, peu de fonctions executives pour les femmes…Je ne vais pas non plus épiloguer sur l’intérêt d’une nouvelle loi qui tente d’instaurer à l’échelon local ce qui n’a pas marché au niveau national, ni sur la nécessité d’un scrutin à la proportionnel pour faciliter l’accès des femmes comme des jeunes aux fonctions électives…ni sur la place des femmes au sein des structures politiques…tout ça a déjà été dit mille fois.
Ce qui m'interesse, ce sont les conséquences de la parité pour les femmes et les vraies questions que cela soulève. Car il ya de vraies interrogations à coté desquelles on passe souvent puisqu'on limite souvent le débat à la question du "mérite pour arriver en politique"
Ainsi, se sont souvent les femmes les premières à voir en la parité une mesure humiliante pour elles qui veulent arriver grâce à leur mérite et à qui l’on propose des postes « réservés », dévalorisant parce que dévalorisés à la base. A cela je répond par l’interrogation suivante: Les hommes arrivent-ils grâce au mérite ? Pas si sûr. Pour côtoyer de près le milieu politique, je peux dire que les jeux de réseaux et la communication sont devenus les premiers facteurs de promotion en politique. Aussi, ne faut-il pas donner accès aux femmes à ce milieu pour leur donner la possibilité de créer et entretenir leur propre réseau ? Le problème n’est-il pas celui de l’égalité face un système plutôt que celui de la reconnaissance de l’égalité en termes de compétences ? Le débat autour de la question « du mérite » est clos. Passons aux choses sérieuses ;-)Certains disent souvent, « en toute objectivité », qu’il sera difficile de trouver autant de femmes compétentes que le demande la loi sur la parité ! C’est se risquer, paraît-il, à faire de la politique de mauvaise qualité ! (rien que de l’écrire ça me fait mal au ventre ! N’est-ce pas déjà un signe de sexisme que de croire que l’on ne peut pas trouver 50 % de femmes aussi compétentes que les hommes ?
Après, il y ceux qui résonnent selon la logique communautariste et s’inquiètent des quotas de femmes qui, ouvrent soit disant la porte aux revendications des autres communautés de citoyens : après les femmes, il faudrait alors établir des quotas pour les handicapés, pour « les blacks ».etc…blabla !* Ces personnes oublient l’un des grands principes de la république : l’universalisme de la représentation ! La démocratie veut qu’un(e) élu(e) représente tous les citoyens : les blacks, les blancs, les beurs, les hommes tout comme les femmes, les riches et les pauvres…
Et, c’est cette notion d’universalisme de la représentation, valeur de la république et de la démocratie, qu’il faut rappeler à tous : aux hommes et aux femmes, à ceux qui votent et à ceux qui veulent se faire élire !Cumuler des lois ne sert à rien !
Une assemblée paritaire ne sert à rien non plus tant que ceux qui la composent estiment ne représenter qu’une partie de la population. Ceux-là, hommes comme femmes, instaurent deux catégories de citoyens qui ne se différencient que par un élément biologique : le sexe. Plus j’y réfléchis, plus j’en arrive à la conclusion que la parité, dans le contexte actuel ou le simple fait d’être femme est considéré comme une infériorité et/ou un critère de détermination des rôles sociaux, et plus je me dis que la parité va à l’encontre de ce à quoi j’aspire : L’indifférenciation des rôles, donc des métiers.On est bien loin du débat sur « le mérite » !
Les mentalités ne me semblent pas pretes. La parité fera plus de tord que de bien aux femmes. Commençons par travailler pour un changement des mentalités. Soyons patient(e)s et attendons que les femmes arrivent spontanément en politique. La parité est une solution rapide mais lourdes de conséquences.* Je me permets de rappeler que les femmes ne sont pas « une minorité » et que, par exemple, des chercheurs se penchent sur la question des femmes dans telle minorité ethnique, des femmes dans telle minorité culturelle. Je veux dire par-là que l’on peut être femme, avec telle couleur de peau, parler une langue rare et appartenir à une communauté définie. Il existe des hommes et des femmes dans toutes les minorités.
15:15 Publié dans Femmes et politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : parité
